revalorisation des retraites en 2010 LEspagne en crise vote en masse pour les conservateurs de Rajoy
MADRID AP — L opposition conservatrice espagnole a remporté une victoire écrasante aux élections générales organisées dimanche sur fond de grave crise économique et de chômage record de 21,5 de la population active, selon un sondage réalisé à la sortie des urnes. Mariano Rajoy devrait donc succéder à José Luis Rodriguez Zapatero, au pouvoir pendant près de huit ans. Le Parti populaire PP obtiendrait la majorité absolue au Congrès des députés, avec 181 à 185 des 350 sièges alors que la majorité à la chambre basse du Parlement se situe à 176, d après ce sondage TNSDemoscopia réalisé pour la télévision publique. Il disposait de 154 députés dans l assemblée sortante. Les socialistes du PSOE étaient quant à eux crédités de 115 à 119 représentants, alors qu ils en possédaient 169. Aucune marge d erreur n a été fournie. Les conservateurs s adjugeraient ainsi 43,5 des voix contre 30 aux socialistes, qui avaient remporté la victoire d environ quatre points en 2008. \ »Le changement politique emmené par Mariano Rajoy l a emporté ce soir en Espagne\ », s est réjouie la directrice de campagne du PP, Ana Mato. Des sympathisants du PP se sont rassemblés devant le siège du parti dans le centre de Madrid en brandissant des drapeaux espagnols rouge et or. L un d eux, David Cordero, a déclaré à l Associated Press qu il était heureux d un changement de majorité qui devrait selon lui créer des emplois et protéger les services publics comme la sécurité sociale ou l éducation. \ »C est de cela que le pays a besoin aujourd hui\ », atil expliqué. La participation s est élevée à environ 70 dimanche, contre 74 en 2008, selon la porteparole du PSOE, Elena Valenciano. Après la Grèce et l Italie, l Espagne est le troisième des 17 pays de la zone euro à changer de gouvernement en trois semaines, même si les deux premiers ne sont pas encore passés par la case des élections. Les gouvernements d Irlande et du Portugal qui, comme la Grèce, ont été contraints de demander une aide de l Union européenne et du Fonds monétaire international FMI, sont également tombés. Deux fois perdant aux élections, en 2000 et 2004, Mariano Rajoy, 56 ans, devrait commencer lundi à former un nouveau gouvernement qui aura la lourde tâche de ressusciter une économie léthargique tout en satisfaisant les exigences européennes de réduction du déficit par des hausses d impôts et coupes budgétaires des mesures qui ont précisément perdu le gouvernement Zapatero et ne doivent pas non plus mettre en péril la relance de la croissance. Il devra empêcher l Espagne, quatrième économie de la zone euro, d être happée à son tour par la crise de la dette dans laquelle le bloc continue de s enliser. L Espagne, en récession depuis près de deux ans, n est pas arrivée à se remettre de la crise économique et financière mondiale de 20082009 qui a fait éclater la bulle immobilière, source de croissance pendant presque une décennie. Dans un long entretien publié par le quotidien \ »El Pais\ » jeudi, Rajoy a déclaré que seules les retraites resteraient intouchées. \ »Des coupes devront être réalisées partout où c est possible\ », atil dit, sans préciser, comme l a souligné le journal, \ »quels sacrifices attendaient les Espagnols\ ». L analyste économique Antonio Barroso, chez Eurasia Group, s attend à ce que le nouveau chef du gouvernement frappe un grand coup dès le début en lançant \ »des changements politiques rapides pour tenter d impressionner les marchés et ses partenaires européens et renforcer la crédibilité espagnole\ ». Mariano Rajoy n a pas dit grandchose sur ce qu il ferait différemment de son prédécesseur. Il a seulement promis de faciliter les choses pour les petites et moyennes entreprises, qui représentent 80 des emplois en Espagne, et de mener les réformes qu il juge nécessaires pour le marché du travail et le système social. Le chef du PP est par ailleurs traditionnellement l allié fidèle de l église catholique sur les questions morales et sociales. Il a dit à plusieurs reprises qu il changerait la loi sur l avortement et son parti avait fait appel de la légalisation du mariage homosexuel devant le Conseil constitutionnel, alors que ces lois sont considérées comme deux des plus grands succès de José Luis Rodriguez Zapatero. Par le passé, Rajoy s est prononcé pour un contrôle strict de l immigration et des réformes de l éducation destinées à lutter contre l un des taux d abandon des études les pires d Europe. En matière de politique étrangère, Rajoy tentera probablement de restaurer le statut d ami spécial des EtatsUnis qu avait l Espagne du temps du prédécesseur de Zapatero, le conservateur José Maria Aznar. AP stv374354
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